La régulation émotionnelle : les fondations de l’être qui se développaient dans l’ombre

14/09/2022

La régulation émotionnelle : les fondations de l'être qui se développaient dans l'ombre

M. Manard


La régulation émotionnelle est un concept complexe, recouvrant différentes dimensions, et son développement repose sur une conjonction de nombreux éléments [1].


Mais qu'entends-t-on par régulation émotionnelle ?

La régulation émotionnelle permet aux individus de gérer la multitude d'émotions auxquelles ils peuvent faire face au cours de leur journée. Il existe de nombreuses façons de réguler les émotions, et un modèle théorique a été proposé [2,3]. Selon ce modèle, les stratégies de régulation des émotions peuvent être différenciées tout au long de la production de la réponse émotionnelle. Deux stratégies sont alors distinguées :

  • la régulation basée sur l'anticipation : comportements mis en place avant que toutes les réponses émotionnelles (comportementales et physiologiques) ne soient totalement activées et ne changent notre façon d'agir.
  • la régulation basée sur la réponse : comportements développés lorsque l'émotion est déjà enclenchée, après que les tendances de réponse n'aient été activées.



Ensuite, ce modèle définit cinq processus plus spécifiques [2, 3] :

  • Sélection de la situation : nous allons favoriser ou éviter certaines personnes, environnements ou activités pour nous permettre de moduler/gérer nos émotions. Par exemple, si nous ressentons du stress lorsqu'il y a beaucoup de monde autour de nous, nous allons éviter d'aller faire les courses le samedi matin en pleine affluence.
  • Modification de la situation : une fois sélectionnée, la situation va être modifiée pour façonner l'impact émotionnel, offrant alors différentes possibilités. Par exemple, au lieu d'aller faire ses courses dans le magasin bondé, nous pouvons y aller lorsqu'il y a moins de monde, faire une commande à retirer ou se faire livrer.
  • Déploiement attentionnel : chaque situation revêt différents aspects, et le déploiement attentionnel va permettre de se concentrer sur certains plutôt que d'autres. Par exemple, nous préférerons opter pour la livraison de certaines courses provenant du supermarché mais préfèrerons aller chercher le pain dans la petite boulangerie du quartier, plus rassurante même quand il y a du monde.
  • Changement cognitif : lorsque l'attention est focalisée sur un aspect particulier de la situation, il est possible d'en dériver différentes significations. Par exemple, si je me fais livrer les courses, je ne vois personne, par contre, aller chercher un colis est un entre-deux, un compromis.
  • Modulation de la réponse : quand les tendances de réponse émotionnelle ont toutes été activées, différentes stratégies vont être mises en place pour les réguler, notamment en diminuant l'expression du comportement. Par exemple, je n'ai pas le choix que d'aller dans le supermarché le samedi matin, je sens le stress augmenter, je vais alors tenter de respirer, d'aller à l'essentiel ou l'émotion sera trop intense et je devrais sortir pour m'aérer avant d'y retourner.



Enfin, ce modèle décrit deux types de stratégie de régulation émotionnelle [2, 3] :

  • La suppression de l'expression : changement de la façon de réagir à un évènement provoquant une émotion afin d'inhiber l'expression de l'émotion. Cette stratégie apparaitra à l'étape de modulation de la réponse.
  • La réévaluation cognitive: changement de la façon dont on perçoit un évènement ou dont on pense à un potentiel évènement provoquant une émotion dans le but de diminuer l'émotion provoquée par la situation. Cette stratégie apparaitra à l'étape de changement cognitif.



Pour exemplifier, vous allez à un entretien d'embauche et cela vous angoisse vraiment énormément. Vous attendez votre tour dans la salle d'attente et la pression monte. Soit rien n'est mis en place en amont et vous tentez de garder votre calme dans la salle d'attente en respirant, en contractant vos muscles, en vous rafraichissant, en remettant un peu de parfum... Soit vous vous préparez à cet entretien en vous disant que c'est un bon exercice, que cela n'est pas que pour vous évaluer mais que cela va aussi vous permettre d'estimer si le poste vous plait, etc...

Étant donné que la technique de réévaluation apparait précocement, il est possible de modifier toute la cascade émotionnelle. Au contraire, les techniques de suppression, apparaissent tardivement et ne permet de modifier que la réponse comportementale, sans vraiment réguler l'émotion désagréable ressentie [2]. Cette technique de suppression va également entrainer des effets délétères, avec une sensation de décalage entre ce qui est ressenti à l'intérieur et ce qui est montré à l'extérieur, pouvant avoir des conséquences sur l'estime de soi, des difficultés de développer des relations intimes et une tendance à développer des comportements évitants [2].

Dans une revue de littérature [2], des chercheurs se sont intéressés aux aspects affectifs, cognitifs et sociaux de ces deux techniques de régulation émotionnelle. Globalement, la suppression présentait des conséquences moins favorables que la réévaluation, notamment en diminuant l'expression sans diminuer le ressenti subjectif (d'un point de vue individuel et physiologique), en requérant plus de ressources cognitives afin de réguler la réponse comportementale, et provoque des dommages dans les relations interpersonnelles.

Il semblerait que chacun de nous ait tendance à utiliser plus fréquemment l'une ou l'autre stratégie. Les auteurs du modèle et de la revue de littérature [2] suggèrent alors que différentes caractéristiques puissent influencer le développement et les changements de stratégies de régulation au cours de la vie.


  • Le tempérament et la personnalité

La réactivité et la régulation émotionnelle semblent pouvoir être en partie dépendantes de facteurs génétiques [4]. Les dimensions de personnalité généralement associées aux capacités de régulation sont les dimensions de neuroticisme et d'extraversion. Ces prédispositions pourraient favoriser le développement de stratégies de suppression ou de réévaluation en favorisant ou en compliquant l'apprentissage et l'utilisation de stratégies de régulation.


  • La famille

Deux philosophies sont observées. Le coaching émotionnel va favoriser le développement des stratégies de réévaluation par l'évaluation et l'accueil positif des émotions de l'enfant. Ces parents vont alors favoriser une discussion sur la manière de les gérer adéquatement. Au contraire, la stratégie d'éloignement va considérer les émotions comme dangereuses et va s'employer à les minimiser, les supprimer, enseignant alors l'utilisation de la stratégie de suppression [2].

Ainsi, l'enfance semble être une période clé pour le développement des capacités de régulation émotionnelle. C'est une période critique, où les facteurs de personnalité, de maturité (développement des lobes frontaux), et de société (famille, professeurs, pairs) vont agir ensemble et poser les bases des capacités de régulation émotionnelle à l'âge adulte. Néanmoins, selon les circonstances et les expériences de vie, cette compétence de régulation émotionnelle semble évoluer au cours de la vie adulte [2].


Quelle est l'importance de la régulation émotionnelle ?

Des difficultés de régulation émotionnelle sont retrouvées dans de nombreuses difficultés psychologiques, comme l'anxiété, la dépression, les troubles du comportement, ou encore les troubles alimentaires [5-9]. Le développement adéquat des capacités de régulation émotionnelle semble alors essentiel pour limiter ou favoriser une santé psychologique optimale [9].


Au niveau affectif, l'utilisation de stratégies de réévaluation semble avoir des conséquences positives par la diminution des sensations négatives et de l'expression des émotions désagréables, sans qu'il y ait une activation physiologique sous-jacente. Au contraire, la suppression montre une tendance à diminuer les sensations positives et n'amoindrit pas les sensations liées aux expériences négatives, tout en étant associée à une activation physiologique [10-13].

D'un point de vue cognitif, les stratégies de réévaluation et de suppression semblent liées aux capacités de mémoire. Alors que la réévaluation ne va pas altérer, voire au contraire, va améliorer les capacités de mémoire, la stratégie de suppression a été associée à une moindre performance mnésique et particulièrement pour les informations à dimension sociale [11, 14-16].

A propos des aspects psychologiques, l'utilisation de stratégies de réévaluation sont associées à de plus faibles symptômes de dépression, à une tendance à ressentir plus de satisfaction, d'optimisme, d'estime de soi, de maitrise de l'environnement, un meilleur développement personnel, de stratégies plus efficaces d'ajustement, à présenter une meilleure autonomie et des relations interpersonnelles plus efficaces [17-18]. A contrario, l'utilisation de stratégies de suppression a été reliée à un sentiment de soutien social moindre, à de moins bonnes capacités d'ajustement, à une moindre satisfaction et estime de soi, à une vision du futur plus pessimiste, à une tendance à l'évitement ainsi qu'à des relations interpersonnelles moins efficaces. Ces facteurs étant tous reliés à des risques plus élevés de présenter des symptômes de dépression [18-19].

Concernant les réponses physiologiques, une étude a permis d'observer que lors d'émotions désagréables, telles que la colère, les personnes utilisant plus aisément les stratégies de réévaluation auront de meilleures capacités d'adaptation face à l'émotion ressentie et une meilleure réponse cardiovasculaire. En effet, les personnes utilisant plus fréquemment la stratégie de réévaluation ressentaient moins de colère et d'émotions à valence négative mais plus d'émotions à valence positive avec une meilleure réponse cardiaque [20].

De façon interpellante, la manière de réguler les émotions semble également pouvoir influencer la santé et particulièrement l'alimentation. En effet, certains chercheurs se sont rendu compte que la stratégie de suppression est associée à une augmentation d'ingestion de nourriture dite de réconfort, comparativement aux stratégies de réévaluation ou l'expression émotionnelle spontanée [21]. Cet effet est également retrouvé chez les enfants. En effet, une étude menée sur des enfants entre 8 et 13 ans a permis d'observer un lien entre une perte de contrôle alimentaire et des difficultés de gestion des émotions désagréables [22].

Enfin, au niveau social, les individus qui interagissent avec des personnes appliquant une stratégie de suppression ont tendance à présenter des pressions sanguines plus importantes, suggérant une augmentation du stress, par rapport aux interactions avec des personnes usant de stratégies de réévaluation. Ainsi, l'investissement cognitif requis par la stratégie de suppression semble pouvoir influencer le fonctionnement social [23-24].


En résumé, les études évaluant les différences individuelles dans l'utilisation de ces deux stratégies laissent penser qu'elles vont être légèrement associées aux dimensions d'intelligence, de désirabilité sociale et aux traits de personnalité. Par contre, elles montrent une relation assez forte avec les concepts d'authenticité, d'ajustement au stress et de gestion de l'humeur [18].



Et le cerveau dans tout ça ?

Certaines régions sont connues pour leur rôle majeur dans les processus de régulation émotionnelle : l'amygdale, qui va traiter l'information sensorielle provenant du thalamus et du cortex sensorimoteur tout en ayant une connexion avec l'hippocampe, responsable des souvenirs émotionnels et l'hypothalamus, gérant l'activation physiologique. Ensuite, la régulation du processus émotionnel complet va impliquer l'amygdale, l'insula pour les aspects intéroceptifs et le sens du « soi », ainsi que le circuit cortico-sous-cortical avec le cortex orbito-frontal pour les aspects d'évaluation de l'état émotionnel et la sélection de comportements adéquats. Enfin, le cortex préfrontal va participer à la régulation émotionnelle via ses connexions avec le cortex orbito-frontal et son rôle dans les fonctions exécutives.

Concernant la stratégie de réévaluation, ce processus dit « top-down » de contrôle émotionnel (processus régulé en amont de la situation pour agir sur l'environnement) va impliquer le cortex orbito-frontal [25-26]. Par contre, la stratégie de suppression, par essence « bottom-up » (processus mis en place via une activation comportementale provoquée par l'environnement), va impliquer l'insula, le cortex préfrontal et le cortex cingulaire antérieur [11, 27-30].


Influence du genre

Sur base du constat que les femmes avaient tendance à utiliser moins fréquemment les stratégies de suppression que les hommes [31], des chercheurs [32] se sont intéressés aux potentielles différences de structures cérébrales liées à cette différence de stratégie de régulation émotionnelle. De façon intéressante, les hommes disposaient de régions temporales plus volumineuses alors que les femmes présentaient des volumes plus importants dans les régions frontales (cortex préfrontal ventro-médial et orbito-frontal), cérébelleuses et des noyaux de la base. De surcroit, plus le volume du cortex préfrontal ventro-médial était élevé, plus il y avait des différences en termes d'utilisation de la stratégie de réévaluation et moins la stratégie de suppression était utilisée.


Imagerie fonctionnelle

Contrairement à l'étude de la structure cérébrale, l'imagerie fonctionnelle va s'intéresser aux corrélats cérébraux de comportements par l'analyse de l'activation des structures engagées dans l'activité étudiée. Cette discipline a observé que la régulation émotionnelle par stratégie de réévaluation est associée à une augmentation d'activité du cortex préfrontal médial et latéral couplée à une diminution d'activité de l'amygdale et de l'insula [25, 33]. A l'opposé, des chercheurs ont observé une activation plus importante de l'amygdale associée à la stratégie de suppression pour des images de personnes exprimant de la tristesse (comparativement aux images de joie) [30].

Une autre étude [28], comparant directement les deux stratégies de réévaluation et de suppression a permis de mettre en évidence que la réévaluation va impliquer une réponse rapide du cortex préfrontal (entre 0 et 5 secondes), une diminution de l'expérience négative associée à l'émotion et une diminution de l'activité de l'amygdale et de l'insula. La stratégie de suppression était quant à elle associée à une réponse du cortex préfrontal produite plus tardivement (10-15 sec), à une diminution du comportement et de l'expérience émotionnelle négative mais à une activité augmentée de l'insula et de l'amygdale. Bien qu'intéressante, notons que cette étude a été réalisée sur un échantillon assez restreint et de femmes uniquement, limitant l'extrapolation de ces résultats.

Globalement, les études d'imagerie fonctionnelle indiquent donc que l'activité différentielle de l'amygdale, de l'insula, du cortex cingulaire antérieur, du cortex préfrontal et orbito-frontal peut être impliquée dans l'explication des différences individuelles observées lors de l'utilisation des différentes stratégies de régulation émotionnelle [34].


Ocytocine

Techniquement parlant, l'ocytocine est un neuropeptide sécrété au niveau cérébral. Il est notamment impliqué dans l'émission du lait maternel et participerait aux contractions utérines. Toutefois, cette hormone semble également avoir un impact sur la confiance, l'empathie, la générosité, la sexualité, les relations conjugales et sociales ainsi que la réactivité face à des évènements stressants [35].

En période de post-partum, une étude [36] a évalué de jeunes mères ayant subi des évènements difficiles dans l'enfance et le potentiel dérèglement au niveau de la production d'ocytocine. Cette étude montre qu'une difficulté à s'engager dans des comportements orientés vers un but et un moindre panel de stratégies de régulation émotionnelle étaient des facteurs liés à des taux moindres d'ocytocine chez ces mères à neuf mois post-partum. De plus, chez les mères ayant dû affronter plus d'adversité au cours de leur enfance, la présence de plus grandes difficultés à accepter les réponses émotionnelles et un accès moindre aux stratégies de régulation émotionnelle étaient reliés à des réponses inférieures d'ocytocine suite aux interactions mère-enfant [36].

Au-delà des expériences personnelles, certaines conditions de santé peuvent influencer la réponse au stress. En effet, les personnes souffrant d'allergies semblent manifester des réactions plus importantes au stress que les personnes ne souffrant pas d'allergies. Dans une étude [37], les participants allergiques avaient tendance à présenter des taux de cortisol (hormone du stress) plus important et à utiliser plus fréquemment une stratégie de suppression. Toutefois les individus qui utilisaient plutôt la stratégie de réévaluation montraient une meilleure régulation des taux de cortisol. De plus, les sujets allergiques montraient des taux d'ocytocine plus élevés avant l'exposition à l'évènement stressant, suggérant un lien potentiel avec la réponse observée au niveau du cortisol, via un dérèglement de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (système de régulation neuroendocrinien du stress) [37]. Ce dernier effet, bien que surprenant, pourrait trouver une pite d'explication dans le fait que l'ocytocine semble être régulée de différentes façons selon le contexte et des facteurs interindividuels [38]. En effet, lorsque l'environnement offre des indices sociaux rassurants, l'ocytocine permettrait de favoriser les comportements pro-sociaux. Au contraire, lorsque l'environnement est perçu comme hostile, l'ocytocine va plutôt favoriser un comportement défensif ou de préservation [38].

Une étude longitudinale a évalué des enfants jusqu'à l'âge préscolaire (4 premières années de vie) et a permis de mettre en évidence qu'une meilleure autorégulation et une émotivité moindre pour les émotions désagréables étaient associés à des taux de base inférieurs de cortisol et d'immunoglobuline A. Cependant, les enfants d'âge préscolaire, avec une faible capacité d'autorégulation, montraient des taux plus élevés d'immunoglobuline A, uniquement lorsque la synchronie parent-enfant lorsqu'ils étaient nourrissons était faible. De plus, l'émotivité dite « négative » était associée à des taux de cortisol plus élevés uniquement lorsque les taux parentaux d'ocytocine étaient bas. Cette étude suggère donc que les soins parentaux peuvent avoir un impact de stresseur à long terme, avec une trajectoire similaire pour les pères et les mères [39]. Ce dernier point peut sembler angoissant pour les parents en quête de bien faire. Rassurez-vous, il s'agit de processus complexes en constante interaction. D'ailleurs, un réseau cérébral cortico-limbique, impliqué dans la motivation, la récompense, le soin instrumental, la réponse et la régulation émotionnelle, ainsi que le traitement cognitif actif et complexe, semble pouvoir sous-tendre les réponses cérébrales des parents à leurs enfants. La sensibilité maternelle et la qualité des comportements de soin apparaissent sensibles à la réactivité de ce circuit lors des expériences parent-enfant. La fonction de ce circuit semble modifiable au cours des expériences vécues dans l'enfance mais également actuelles ou par des facteurs hormonaux par exemple [40].

De façon encore plus précoce, il semble que le système psycho-physiologique de régulation commence même à se développer in utéro. En effet, certains modèles postulent que des facteurs neuro-hormonaux et physiologiques pourraient participer au développement du système de régulation émotionnelle et influencer le comportement de l'enfant. En effet, le stress ou la dépression chez la mère sont suspectés pour avoir une influence sur le fonctionnement neuronal et comportemental de l'enfant [41].

Ainsi, l'ocytocine et la vasopressine (un autre neuropeptide) sont donc connues pour leur rôle influençant le comportement parental, la reconnaissance sociale, et les comportements d'affiliation. Les capacités de cognition sociale sont également soutenues par le système dopaminergique, impliqué dans les relations sociales, l'attachement parental et les relations impliquant de la confiance ou de l'altruisme. Enfin, la régulation émotionnelle serait également influencée par le système sérotoninergique, agissant sur la réactivité émotionnelle, incluant les ressentis, les réponses physiologiques et l'expression émotionnelle [42]. On comprend alors aisément la complexité des interactions internes et externes dans le développement de ces compétences socio-émotionnelles qui prend racine dès la conception, se construit au travers des relations entre parents et enfants et se modifie tout au long de l'existence.


Comment soutenir le développement de la régulation émotionnelle ?

Les parents, ces professeurs des émotions

Les parents sont le premier facteur de socialisation et de régulation émotionnelle, prenant place via les interactions entre parents et enfants à propos des émotions (explicite) mais également par l'observation de la manière dont les parents vont gérer leurs propres émotions (implicite) [43-45]. Ces deux mécanismes sont regroupés sous le terme des « comportements de socialisation liés aux émotions » [44-45]. Les parents sont alors les références, déterminant la valeur des émotions et détiennent les stratégies pour les gérer selon le contexte social [44-45]. Deux styles parentaux sont relevés dans la littérature [9] :

  • Comportements non soutenants ou défavorables de socialisation liés aux émotions: stratégies visant à éloigner l'émotion, via par exemple des méthodes punitives (« Si tu ne cesses pas de pleurer, tu seras privé de dessert »), minimisantes (« arrêtes d'exagérer, de faire ton cinéma »), ou augmentant la détresse (ruminer avec l'enfant)
  • Comportements soutenants ou favorables de socialisation liés aux émotions: stratégies encourageant l'expression des émotions et les méthodes de résolution de problème via l'expression des émotions (avec des mots, une attitude, des comportements corporels, une mimique faciale), des réactions empathiques aux émotions de l'enfant, la dénomination de l'émotion en coopérant avec l'enfant, chercher la meilleure stratégie pour diminuer l'excitation physiologique provoquée par l'émotion (par exemple en discutant avec l'enfant de ses propres émotions).


Cet apprentissage requiert des parents d'être conscients et capables d'identifier les émotions (les leurs et celles des autres) ainsi que de les ressentir, de les exprimer adéquatement et de les accepter, puis de les réguler lorsque cela est nécessaire ainsi que d'adopter les attitudes efficaces pour aider leur enfant dans le respect de ses émotions [9]. Il s'agit en fait d'une triade : identification - acceptation - coaching. Afin de développer ces apprentissages, les parents sont souvent confrontés à leurs propres expériences familiales [45-46]. Ainsi se développe la « philosophie parentale méta émotionnelle » [45]. Cette compétence se base sur les expériences de socialisation liée aux émotions que les parents ont eux-mêmes vécus avec leurs propres parents et leurs pairs. Elle va donc influencer la régulation de leurs émotions et leur accompagnement envers leur enfant.


Cette philosophie parentale méta-émotionnelle regroupe deux méthodes :

  • Dans le cas des méthodes de coaching émotionnel, les parents vont reconnaitre et valider l'émotion de l'enfant, considérer l'émotion comme acceptable et valide, et l'envisager comme une opportunité d'apprentissage et de connexion avec leur enfant. Le but parental étant alors d'aider l'enfant (de le coacher) pour qu'il puisse comprendre et réguler ses émotions [9].
  • Au contraire, dans le cas des méthodes d'élimination émotionnelle, les parents vont plutôt avoir une attitude de rejet des émotions, considérant qu'elles ne doivent pas faire l'objet d'une attention particulière. Tant que les manifestations émotionnelles vont rester dans des proportions acceptables pour les parents, ceux-ci auront tendance à les ignorer dans le but d'apprendre à l'enfant que les émotions sont temporaires. Cependant, lors d'émotions plus importantes, souvent les émotions désagréables, les parents vont les considérer comme potentiellement dangereuses, et vont donc tenter de les chasser, empêchant l'enfant de participer à la construction de solutions qui sont plus adaptées.


A mesure que l'enfant grandit, les parents servent de plus en plus de conseiller plutôt que de guide [47]. En effet, avant l'âge de 6 ans, le parent est un point de repère émotionnel privilégié, même lorsque l'enfant est confronté à d'autres adultes ou des pairs. Par contre, entre 6 et 12 ans, les enfants réalisent que les émotions peuvent provenir de manifestations internes et pas uniquement d'évènements externes [48], ils comprennent qu'il est possible de ressentir des mélanges d'émotions [49], qu'il peut y avoir des différences entre ce qui est manifesté et ce qui est ressenti [47, 50], et apprennent les comportements qui sont socialement acceptés ou non [51]. Enfin, vers l'âge de 10 ans, les enfants commencent à parvenir à alterner entre la régulation émotionnelle dirigée vers le problème (régulation externe) et la régulation émotionnelle centrée sur l'émotion (régulation interne) selon les situations [52-53].



Qu'est ce qui va favoriser le développement de la régulation émotionnelle ?

  • La philosophie parentale méta-émotionnelle et la pleine conscience

Les capacités de pleine conscience semblent liées aux capacités de compréhension de ses propres émotions et de celles des autres ainsi qu'à leur acceptation. Cette discipline est également reconnue pour favoriser la capacité de focaliser son attention sur le moment présent et la capacité à inhiber des comportements réactionnels face à certaines situations [54-56] et ces deux dernières capacités sont supposées influencer le comportement parental [54].

De plus, le coaching émotionnel serait également un facteur permettant de promouvoir le développement de l'enfant et ses capacités de résilience [57-60]. En aidant les parents à correctement décrypter les émotions désagréables de leur enfant et à les envisager comme une opportunité de les aider à apprendre à gérer les difficultés [59], cette méthode serait reliée à de meilleures capacités de régulation émotionnelle chez les enfants [58].

La parentalité en pleine conscience (dont nous avons déjà parlé dans un article ici), est plutôt associée à des comportements soutenants de socialisation liés aux émotions en comparaison aux comportements non-soutenants [61]. De plus, ce type de parentalité est associé à de meilleures compétences de régulation émotionnelle et une moindre labilité [62-65]. L'hypothèse avancée serait que la compassion ressentie pour l'enfant va éviter que le stress parental augmente et va limiter le sentiment d'urgence à produire un comportement en réaction [61, 64-65].


  • Les comportements de socialisation liés aux émotions

Les comportements soutenant de socialisation liés aux émotions sont associés à de meilleures capacités de régulation émotionnelle chez l'enfant [58, 66-71] et une moindre labilité émotionnelle [71]. De plus, afin d'être vraiment soutenant, la cohérence entre le comportement verbal et non-verbal est nécessaire [60]. En parallèle, les conversations entre parents et enfants autour des émotions sont associées à de meilleures capacités de régulation émotionnelle [80]. A contrario, les comportements non-soutenant de socialisation liés aux émotions sont associés à de moins bonnes capacités de régulation émotionnelle [67-70, 71-74], à une plus grande labilité émotionnelle [68, 70-71, 74-76] et à un ajustement psychologique moindre [77-79]. Certaines études nuancent toutefois ces résultats, suggérant que les deux types de comportements (soutenant ou non-soutenant) peuvent être mal ajustés si leur utilisation ne se justifie pas dans le contexte [73, 75, 80-81]. Par ailleurs, les besoins des enfants en termes de support émotionnel vont dépendre de chaque individu mais également de l'âge, de ses caractéristiques et de sa situation.


  • Les caractéristiques personnelles

Évidemment, la personnalité et le tempérament des parents et des enfants sont des facteurs qui vont également influencer le développement de la régulation émotionnelle. Dans une situation optimale, les parents vont ajuster leurs comportements de socialisation liée aux émotions au niveau d'excitation physiologique de l'enfant dans le but de créer l'opportunité d'apprendre et de ne pas sur ou sous stimuler l'enfant [44, 82]. Par ailleurs, ces principes de socialisation émotionnelle sont bidirectionnels, les parents et les enfants allant s'influencer mutuellement [82-84].

Les études suggèrent que les parents disposant de bonnes capacités de régulation émotionnelle vont avoir tendance à utiliser plus aisément les comportements soutenants au détriment de comportements non-soutenants [76] et favoriser des pratiques de parentalité positive [86]. Inversement, les parents disposant de moindres capacités de régulation émotionnelle vont avoir tendance à appliquer des comportements non-soutenant [68, 74, 76, 86, 88] au détriment de comportement soutenants [66, 68] et à avoir des pratiques parentales inadaptées (ex : coercition) [63, 86, 89]. Parmi les mécanismes sous-tendant les relations entre les capacités de régulation émotionnelle des parents et des enfants, l'anxiété parentale peut empiéter sur les capacités à définir quel comportement va permettre de résoudre la détresse manifestée par l'enfant [90]. Parallèlement, les enfants ayant des comportements émotionnels « négatifs » importants, vont amoindrir la tolérance parentale, limitant leurs possibilités de coaching [91]. Les interactions négatives entre parents et enfants vont alors engendrer un cercle vicieux, exacerbant les manifestations externes de l'enfant [92]. Enfin, les réactions d'évitement des parents aux réactions émotionnelles désagréables de leur enfant (ex : time out) vont augmenter la résistance et les sentiments de colère de l'enfant. Ainsi, laisser l'enfant seul pour affronter des émotions difficiles risque d'entrainer des capacités de régulation émotionnelle moins efficaces et entrainer des difficultés comportementales plus tard [73].

Enfin, les capacités de régulation émotionnelle d'un parent vont pouvoir influencer celles de l'autre parent. En effet, lorsque la régulation émotionnelle est efficace chez les parents, celle-ci va renforcer les comportements soutenants de l'autre parent et les capacités de régulation émotionnelle de l'enfant [66]. Au contraire, si l'un des parents présente des difficultés de régulation, l'autre parent pratiquera moins de comportements soutenants avec l'enfant [68].


  • Le climat émotionnel familial

Ce concept concerne principalement le style de parentalité, le coaching émotionnel s'inscrivant dans des pratiques de parentalité dite « positive ». Cependant, d'autres notions interviennent dans le climat familial, comme le style d'attachement, la fréquence des disputes parentales, et l'expression des émotions agréables et désagréables (à valence positive vs. négatives).

Pratiques parentales générales : l'application d'une parentalité dite positive* va encourager l'enfant à appliquer des stratégies de régulation émotionnelle [55], contrairement à l'utilisation de pratiques parentales dites négatives comme les punitions physiques [93] ou le contrôle autoritaire [78] étant alors associées à des plus grandes difficultés de régulation émotionnelle et une plus forte labilité émotionnelle.


*Les pratiques parentales dites positives comprennent des comportements de parentalité incluant (entre autres) des renforcements positifs lorsque le comportement de l'enfant correspond aux attentes, un comportement parental proactif afin de prévenir les situations qui pourraient faire perdre le contrôle, des explications à propos des raisons pour lesquelles les parents appliquent certaines règles, ainsi que de la chaleur et du soutien. A contrario, les pratiques parentales dites négatives vont favoriser la punition physique, le contrôle autoritaire et la coercition sans envisager le point de vue de l'enfant, une colère forte, des demandes inconsistantes et une désapprobation globale de l'enfant. Plusieurs études relèvent l'intérêt des pratiques parentales positives et les effets néfastes des pratiques dites négatives [ex : 89, 55, 93, 63, 78, 65, 94-95].


L'environnement dans lequel la parentalité est appliquée

Le stress est un facteur qui va altérer la capacité d'autorégulation d'un individu. Les parents stressés vont alors avoir tendance à utiliser plus fréquemment les stratégies de suppression pour réguler leurs propres émotions, entrainant plus de comportements non-soutenants avec leurs enfants [88]. De plus, un environnement calme, particulièrement jusqu'à l'âge de 9 ans, aurait un impact positif sur la mise en place d'une régulation émotionnelle saine [69].


La relation entre les parents

La qualité de la collaboration entre parents afin d'élever leur enfant va augmenter l'utilisation de pratiques de parentalité positive (pas nécessairement axées sur les émotions) et est associée à une moindre labilité émotionnelle de l'enfant [63]. De plus les conflits entre parents (indépendamment de la parentalité) vont également pouvoir affecter la régulation émotionnelle des enfants. Par exemple, les difficultés émotionnelles des pères et des mères vont influencer la labilité et la régulation émotionnelle des enfants. De plus, les difficultés de gestion émotionnelle des mères seraient associées à la manière dont les pères envisagent la régulation émotionnelle de leur enfant via des comportements non-soutenants des mères. Cependant, la relation entre les dérèglements émotionnels du père et sa perception de la régulation émotionnelle de l'enfant sera influencée par les réactions soutenantes du père [68].


Les relations parents-enfants

Le développement des capacités de régulation émotionnelle doivent être envisagées dans un contexte d'attachement [96]. En effet, les enfants d'âge moyen vont présenter de meilleures capacités à réguler leurs émotions (que ce soit en présence ou non de la figure d'attachement principale) lorsque leur attachement est sécure [96]. De plus, la qualité des relations entre parents et enfants va favoriser la capacité de l'enfant à bénéficier ou non des comportements soutenants de ses parents. Cependant aucun lien n'a été établi pour les comportements non-soutenants. [67]. Enfin, l'attitude des parents va également influencer la labilité émotionnelle. D'une part, la tendance à critiquer l'enfant va augmenter la labilité émotionnelle et donc les difficultés comportementales, alors qu'une implication intensive, avec des assertions très positives sur l'enfant, la protection, etc... est associée à moins de comportements problématiques et une moindre labilité émotionnelle [66]. Dans cette étude [66], il semble que le surinvestissement de la sphère émotionnelle puisse améliorer les sentiments d'affection et de connexion avec les parents, augmentant alors la possibilité pour l'enfant d'internaliser les comportements soutenants de ses parents.


Concernant le lien entre régulation émotionnelle et attachement, certains auteurs postulent même que la régulation émotionnelle va être adaptative, afin de permettre à l'enfant de préserver les relations d'attachement [97]. Cette étude, bien qu'un peu ancienne, propose une interprétation intéressante. Par exemple, les enfants avec un attachement insécure, ayant déjà vécu du rejet de la part des parents, auraient tendance à minimiser l'expression de leurs affects « négatifs » afin de ne pas prendre le risque d'un nouveau rejet. Au contraire, ceux à l'attachement ambivalent, dont les parents ont des réactions peu disponibles ou inconsistantes, auraient tendance à augmenter l'expression de leurs affects « négatifs » afin d'augmenter leurs chances d'obtenir de l'attention. Ces deux manières d'exprimer les émotions désagréables vont alors optimaliser ou sauvegarder la proximité de l'enfant avec ses parents dans le but d'être protégé [97].



L'utilisation du langage, une clé potentielle dans le développement de la régulation émotionnelle

  • La mentalisation

Cette capacité de reconnaitre les pensées, les sentiments, les intentions, les besoins et désirs des autres et de soi-même permet de faire des prédictions entre les états mentaux et les comportements [98-100]. Toute personne prenant soin d'enfants et ayant des capacités adéquates de mentalisation, envisagera les enfants comme des individus ayant ses propres sentiments, désirs, ou objectifs et pourra comprendre ceux-ci de façon plus fine [100-102]. Le fait de mieux comprendre l'enfant et son propre univers mental va aider l'enfant à mieux percevoir son propre fonctionnement, mais également celui des autres. En effet, disposer d'un adulte aidant à l'interprétation de ses expériences, permet à l'enfant de gagner en sécurité émotionnelle et en capacité à autoréguler ses comportements et ses émotions [103]. Ces capacités de mentalisation chez les parents semble liée à l'attachement sécure de l'enfant [104-106], au développement socio-émotionnel [107-108] et à la théorie de l'esprit** [109-110].


**Théorie de l'esprit : capacité cognitive d'attribuer à soi-même ou à une tierce personne des états mentaux non observables. Il s'agit de la capacité à inférer sur les états affectifs ou cognitifs à partir d'expressions, d'attitudes ou d'une connaissance de la situation.


Cette capacité de mentalisation va alors s'observer dans les échanges verbaux, notamment lorsque l'adulte va traduire en mots l'état interne supposé de l'enfant [110]. Cela va permettre à l'enfant de catégoriser ses différentes émotions [111] et de développer ses capacités de mentalisation [105, 112-113], ainsi que son empathie, la prise de perspective et l'autorégulation [114].

La capacité de mentalisation dans le cadre de relations parent-enfant, va être évaluée via la fréquence d'utilisation de discours à propos des émotions, des désirs et des cognitions de l'enfant [115, 116], des perceptions [117], ou des besoins [118]. Ce discours semble pouvoir être influencé par le niveau socio-économique [119], les caractéristiques de l'enfant (âge [118, 120, 121], genre [121-123], tempérament [124], ordre dans la fratrie [125]), ou encore le contexte et la nature de l'émotion abordée [113,126]. Parallèlement à ce discours à propos des états internes, la manière dont les parents expriment (verbalement ou comportementalement) leurs émotions va également influencer le développement de l'enfant et son comportement émotionnel [127-129].


  • Le biais du genre

Il est intéressant d'observer que les parents auraient tendance à tenir des discours plus coûteux d'un point de vue cognitif lorsqu'ils s'adressent à des garçons [120,130-131], alors qu'ils appuieront le discours sur l'émotivité et la fragilité lorsqu'ils parlent aux filles [131]. Ces modèles de communication vont être internalisés par l'enfant et participer à son identité de genre, montrant que la socialisation genrée commence très tôt et de façon assez insidieuse.



Conclusion

Ainsi, le développement des processus de régulation émotionnel est une partie complexe de l'être humain, démarrant dès sa conception, dépendant de ses caractéristiques intrinsèques (tempérament, maturation neurocognitive, ...), de son contexte familial et culturel, et évoluant tout au long de la vie.

Les parents apparaissent comme la référence de base pour le développement des stratégies de régulation émotionnelle. En effet, il est constaté que l'apprentissage (coaching) émotionnel, l'apport de comportements soutenants à la socialisation émotionnelle, avec peu de comportements non-soutenants, le fait d'être soi-même stable et de posséder de bonnes capacités de régulation, le tout en faisant évoluer l'enfant dans un climat calme, sont un terreau idéal au bon développement des capacités de régulation émotionnelle. Toutefois, rassurez-vous, nul besoin d'être un parent parfait. Il est possible de tendre vers des conditions optimales, tout en fournissant occasionnellement à l'enfant des comportements non-soutenants. Ce mixte va créer une sorte d'équilibre entre comportements bien et moins bien adaptés, dont l'enfant pourra également bénéficier en visualisant l'ensemble des stratégies possibles. Cela lui permettra de développer une certaine flexibilité et d'accroitre d'une certaine façon ses compétences émotionnelles. Ce cas de figure étant applicable uniquement lorsque ces comportements non-soutenants et stratégies moins bien adaptées sont appliquées en cohérence avec la situation personnelle et environnementale. L'exemple le plus évident étant d'offrir l'autonomie maximale à son enfant mais d'intervenir lorsque cela est nécessaire d'un point de vue sécuritaire par exemple [90]. Dans ce cas, il est possible de valider l'émotion de l'enfant mais pas sa stratégie de régulation par exemple [132].

Évidemment, les capacités de régulation émotionnelle des parents est un facteur non-négligeable. L'aptitude des parents à contrôler leur activation émotionnelle permet de produire des réponses moins impulsives et à trouver un meilleur équilibre entre la situation et les demandes de l'enfant, permettant d'anticiper et d'éviter la survenue ou encore de limiter la durée d'émotions désagréables chez l'enfant qui peuvent être associées à des difficultés psychologiques [57]. De plus, le stress et un environnement qui n'est pas serein va diminuer les capacités de régulation émotionnelle des enfants. De façon assez logique, sous pression, les parents auront des réactions moins soutenantes [ex : 65].

A terme de cette revue de littérature, l'un des points majeurs à retenir, selon moi, est de prendre soin en tant que parents de nos propres capacités de régulation émotionnelle (cf. métaphore du crash d'avion). Apprendre à gérer ses propres émotions permet à la fois de donner matière à imitation pour nos enfants, mais également de mieux accueillir les difficultés qui peuvent se poser au quotidien, pour soi-même mais aussi et surtout pour nos petits qui ne sont pas encore aptes à mettre en place tous ces mécanismes efficacement. Ces aptitudes développées pour nous-mêmes permettront une transmission plus efficace à l'enfant en évitant le « fais ce que je dis pas ce que je fais ».


Je terminerai sur trois points.

  1. Même en ayant lu cette revue de littérature, il est fort probable que vous adoptiez des comportements non souhaitables, et que vous éprouviez de la culpabilité. Accueillez-la, ne la fuyez pas. Cette culpabilité vous envoie un message important. Elle signale que vous n'avez pas agi comme vous auriez aimé le faire et elle vous permettra le lendemain et les jours suivants de trouver de nouvelles stratégies de gestion des émotions.
  2. Communiquez. Vous avez le sentiment de ne pas avoir donné un bon exemple, de ne pas avoir eu le comportement adéquat pour l'accueil de l'émotion de votre enfant ? Parlez, communiquez, recréez la connexion, et changez votre façon de réagir la prochaine fois et les suivantes. Il est toujours possible de s'excuser et d'expliquer même après coup. Cela aussi envoie un message important à votre enfant : vous n'êtes pas parfait.e mais vous savez reconnaitre vos erreurs, faire preuve d'empathie, reconnaitre une injustice et prendre vos responsabilités.

  3. La parentalité dite positive ou bienveillante semble être au cœur d'un développement optimal de l'enfant sur de nombreux points, et le développement émotionnel n'y échappe pas.


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