Allaitement : Petits maux et grandes douleurs

06/04/2021

Voix d'experts - Les difficultés de l'allaitement : Petits maux et grandes douleurs

M.Manard


Initier et maintenir un allaitement au sein, bien que naturel, n'est pas toujours facile. Doutes, stress, douleurs, beaucoup de facteurs risquent de faire basculer un projet d'allaitement si la jeune maman ne bénéficie pas d'informations et du soutien nécessaire.

La complication la plus courante au cours de l'allaitement est la douleur. Dans 89% des cas, les douleurs sont dues à une succion inappropriée et/ou une position inadéquate [1]. A ce sujet, l'article sur les positions pourra peut-être vous apporter quelques informations (voir article sur les positions ici).

D'autres maux peuvent apparaitre en début ou en cours d'allaitement. Nous allons fournir ici une définition des plus courants. Dans tous les cas présentés, consulter un professionnel de santé formé est indispensable afin de disposer du diagnostic et du traitement adéquat.


Engorgement [2]:

Gonflement et distension de la poitrine qui est attribuable à la dilatation vasculaire [3]. Cet état apparait en général dans les deux premières semaines post-partum [4], affectant 36.6% de femmes, et serait moins fréquent lorsque le nouveau-né tète beaucoup au cours des 48 premières heures.


Prévenir la survenue d'engorgements :

  • Favoriser le drainage d'un sein à chaque tétée en alternant le côté présenté en premier [5, 6].
  • Favoriser l'allaitement fréquent et efficace [7].


Afin de soulager la douleur, les études sur le sujet ne sont pas concluantes, mais une légère amélioration de la douleur a pu être observée par l'application de froid [8] ou de feuilles de chou [9]. Parmi les remèdes trouvant un support scientifiquement plus solide, des massages spécifiques ont montré de bons résultats tant sur la douleur que l'engorgement en tant que tel [10-12]. L'application de chaleur avant la tétée et de froid après la tétée pourrait également améliorer la situation [11-14]. L'expression manuelle ou mécanique (tire-lait) peut aider à détendre le sein afin de permettre au bébé de téter efficacement [2]. Enfin, la prévention des parents sur le risque d'apparition de cet épisode est essentiel afin d'éviter le risque d'un abandon prématuré de l'allaitement.


Mastite [15] :

Affectant 3 à 20% des femmes, cette difficulté apparait plus fréquemment au cours des 6 premières semaines mais peut survenir à tout moment pendant la période d'allaitement. Cliniquement, une mastite est une inflammation du sein qui peut ou non impliquer une infection bactérienne [16, 17]. Cette inflammation se manifeste par une zone tendue, chaude et rouge sur le sein, accompagnée d'une fièvre d'au moins 38.5°C et d'un syndrome pseudo-grippal. Certains facteurs pourraient prédisposer au développement d'une mastite :

  • Une blessure au sein et particulièrement en cas d'infection par un staphylocoque (staphylococcus aureus)
  • Un rythme imposé aux tétées ou entre les tétées
  • Sauter des tétées
  • Un drainage inefficace du sein (mauvaise coordination de la succion ou mauvaise position)
  • Maladie de la mère ou du bébé
  • Surproduction
  • Pressions sur la poitrine (ceinture de sécurité, soutien-gorge trop serré ou mal ajusté,...)
  • Stress et fatigue
  • Bouton blanc sur le sein, marquant la présence une réaction inflammatoire locale [18]


Que faire ?

  • Drainer fréquemment et efficacement le sein
  • Allaiter le plus fréquemment possible et en commençant par le sein affecté
  • Positionner le bébé avec le menton ou le nez face au blocage afin de favoriser le drainage
  • Masser le sein au cours de la tétée avec une huile non toxique afin de favoriser la libération du lait
  • Terminer le drainage après la tétée, soit manuellement soit à l'aide d'un tire-lait peut également aider à la résolution de la mastite.
  • Appliquer de la chaleur juste avant la tétée
  • Se reposer, s'hydrater et s'alimenter correctement.
  • Appliquer du froid après la tétée pour diminuer la douleur et l'œdème.
  • Consulter un médecin pour obtenir un traitement médicamenteux adéquat et compatible avec l'allaitement (en cas de doutes, une petite visite sur le site du Centre de Référence des Agents Tératogènes - CRAT - est toujours utile)


Abcès [15] :

Cette complication touche 3% des femmes atteintes de mastite [19]. La fièvre et les symptômes généraux sont souvent résolus mais une partie du sein reste dure, rouge et chaude malgré le traitement approprié. Un examen d'imagerie devrait être réalisé afin de vérifier la présence de fluide à drainer. Après le drainage de l'abcès, l'allaitement peut se poursuivre, même en présence du drain, tant que l'enfant n'est pas en contact avec les tissus ou le liquide infecté.


Douleur persistante [20] :

La douleur prolongée, plus forte que l'inconfort courant des premières semaines d'allaitement [21], est considérée comme pathologique lorsqu'elle dure plus de deux semaines. Cette douleur entraine fréquemment une interruption précoce de l'allaitement et une évaluation par un professionnel spécialisé pourrait permettre d'améliorer la situation. Cette douleur d'allaitement a par ailleurs été reliée à la présence de stress et à la dépression post-partum [22, 23]. Différentes causes peuvent entrainer une douleur persistante de l'allaitement :

1. Blessures/crevasses : Le plus souvent liées à un positionnement inadéquat [24-26], elles peuvent aussi survenir lorsque la succion est dysfonctionnelle. La succion efficace dépend de la naissance prématurée ou non, de l'anatomie, du tonus musculaire, ou encore de la maturité neurologique mais également de l'afflux de lait maternel, de la taille des seins et de l'engorgement de ceux-ci.

  • Freins buccaux: Réduisant la mobilité de la langue et aussi appelés «Ankyloglossie», cette partiularité est observée chez environ 10% des nouveau-nés. Le fait que tous les enfants présentant cette particularité ne posent pas de problème dans tous les cas tient au fait que les douleurs causées par la présence de freins sont également liées à l'afflux de lait, la taille, l'élasticité et la plénitude des seins, ainsi qu'à la forme du palais de l'enfant. En cas de dommages causés au sein ou de difficultés de succion à cause de la présence d'un frein, la frénotomie par un professionnel qualifié est une solution envisageable.
  • Serrage des mâchoires: La présence de torticolis, de fractures de la clavicule, de traumatismes de la nuque ou du visage ou encore une asymétrie de l'articulation mandibulaire, d'un réflexe d'éjection fort (REF), d'une aversion orale (observée chez les enfants contraints de téter avec des bouts de sein), de morsure réflexe, de congestion nasale ou des douleurs dentaires peuvent provoquer une tendance à serrer les mâchoires sur le sein et causer de la douleur.
  • Traumatisme lié au tire-lait : Soit par une mauvaise utilisation, soit par une défectuosité ou encore l'exacerbation de blessures déjà présentes, environ 15% de femmes utilisant un tire-lait rapportent des douleurs [27]. Les premiers points à vérifier sont alors la taille adaptée des téterelles, la force et le temps de tirage.


2. Dermatose : La présence d'eczéma, de psoriasis ou de la maladie de Paget peut causer de la douleur chez la mère allaitante et peut favoriser l'infection par un Staphylocoque Aureus pouvant entrainer des croutes et des cloques.

  • Eczéma: Il peut affecter n'importe quelle partie de peau mais est régulièrement observée autour de l'aréole. La dermatite atopique peut être favorisée par des irritants cutanés, le temps ou les changements de température [28]. La dermatite de contact irritative comme son nom l'indique, peut survenir suite à des frictions, une médication orale donnée à l'enfant, des aliments solides consommés par l'enfant, une réaction aux coussinets d'allaitement, à des détergents, crèmes, parfums [29]. Enfin, la dermatite de contact allergique est régulièrement provoquée par la lanoline, des antibiotiques en crème, la camomille, la vitamine A et E ou des parfums [29, 30].
  • Psoriasis: Il peut apparaitre au cours de l'allaitement, généralement sous 4 à 6 semaines post-partum [31]. Il apparait de façon sporadique ou en réaction à une agression cutanée.
  • La maladie de Paget: Bien que plus fréquemment observée chez les femmes ménopausées (60 à 80% des cas), peut survenir chez de jeunes femmes. Ce carcinome imite un eczéma, apparait de façon unilatérale et progresse lentement. Cette affection ne réponds pas aux traitements habituels pour de l'eczéma, persiste plus de 3 semaines et peut être accompagné d'une masse palpable [29]. L'examen par un professionnel est nécessaire.

3. Infection : Une infection bactérienne à Candida ou virale peut causer des douleurs persistantes lors de l'allaitement. Identifier la cause exacte permet de la traiter efficacement.

  • Infection superficielle, secondaire à une blessure : Source assez fréquente, l'impétigo ou la cellulite peuvent apparaitre seuls ou en association à une dermatite.
  • Infection des canaux lactifères : Ce type d'infection affecte de façon caractéristique les deux seins qui restent souples à la palpation [32]. La douleur est particulièrement forte lors de l'éjection du lait à cause de la pression exercée.
  • Infection à candida : Les études restent contradictoires à ce propos, mais certaines suggèrent une douleur liée à ce type d'infection [33-36]. Une infection à Candida se manifeste par une sensation de brûlure au niveau de la poitrine. Les seins peuvent paraitre tout à fait normaux à l'examen et la culture ne permet pas toujours de mettre en évidence l'infection.
  • Infection virale - Herpès simplex : Transmissible à l'enfant avec un risque significatif de complication médicale voire vitale [37], l'allaitement doit être interrompu sur le sein affecté et le lait tiré sur ce sein ne doit pas être utilisé [28, 38].
  • Infection virale - Herpès zoster : Comme pour l'infection à Herpès simplex, l'allaitement doit être interrompu sur le sein touché (et le lait tiré jeté) tant que les lésions sont présentes [28]. Ce type d'Herpès se manifeste en général par une éruption cutanée démarrant au niveau de la colonne vertébrale à hauteur du thorax et migrant jusqu'à la poitrine.

4. Vasospasme : Manifesté par un changement de couleur du sein (blanc ou violet), il est accompagné de douleurs profondes ou de sensations de brûlure [39, 40]. Les douleurs peuvent survenir pendant ou après l'allaitement, lors de douches chaudes ou au contact de fraicheur. Les symptômes peuvent apparaitre sur un ou deux seins. Un facteur de risque est la présence d'une maladie de Raynaud, d'arthrite rhumatoïde, ou la tendance à avoir les mains et pieds froids. Afin de soulager, des compresses chaudes peuvent être appliquées et il est conseillé d'éviter le contact du froid.

5. Douleur fonctionnelle ou Allodynie: Cette catégorie reprend les sensations de douleur lors d'allaitement qui ne devraient pas en provoquer. Cette douleur peut survenir seule ou en association à un syndrome de Bowel, une fibromyalgie, une cystite interstitielle, des migraines, ou des troubles de l'articulation temporo-mandibulaire. Les syndromes de douleurs chroniques étant associés à une multitude de symptômes psychologiques, un travail à ce niveau avec des professionnels formés permet de réduire l'impact des douleurs sur le quotidien [41].

6. Divers :

  • Canaux bloqués récurrents : Cause courante de la douleur persistante chez les femmes allaitantes, elle serait due à un drainage non optimal. Il est alors conseillé de privilégier la mise au sein plutôt que l'expression mécanique. En cas de rigidité ou si les symptômes persistent plus de trois jours, il faut pouvoir écarter la présence d'une infection ou d'un abcès. Un soulagement peut être procuré par l'application de chaleur et des massages, idéalement pendant que le bébé tète.
  • Surproduction : Très fréquente les premières semaines post-partum le temps que le corps s'adapte aux besoins du bébé, la sensation de tension, de gonflement peut causer quelques douleurs. Minimiser l'expression mécanique permet de ne pas entretenir cette surproduction. Ne tirer du lait qu'en remplacement d'une tétée qui ne pourrait avoir lieu ou si les seins sont pleins avant d'aller dormir.



Allergies [42] :

Chez l'enfant exclusivement allaité (ne recevant aucune autre alimentation solide ou liquide que du lait maternel), les allergies alimentaires se manifestent en général par des symptômes cutanés (eczéma) et gastro-intestinaux [43]. Les réactions sévères restent rares et les manifestations gastro-intestinales les plus fréquentes sont la présence de sang dans les selles [44-46]. Apparaissant parfois dès les premiers jours de vie [47, 48], les symptômes apparaissent généralement entre 2 et 6 semaines [49]. La variété et la sévérité des symptômes varient selon la réponse immunitaire et la localisation de la partie de l'intestin impliqué [49, 50]. Ces allergies sont, dans la majorité des cas, provoquées par le passage de protéines issues de l'alimentation de la mère dans le lait maternel [51]. L'élimination de l'aliment en cause permet une résolution des symptômes dans les 72 à 96 heures [49] mais dans certains cas, l'exclusion alimentaire doit durer au moins 2 à 4 semaines pour observer une réelle amélioration [52, 53]. Le lait de vache est fréquemment en cause (65%) mais n'est pas l'aliment allergène unique. D'autres aliments peuvent être en cause, comme l'œuf (19%), le maïs (6%) ou le soja (3%) ou d'autres aliments (7%) [44, 49]. Lorsque bébé présente des symptômes d'allergie, l'élimination alimentaire de la mère peut se faire selon différents protocoles :

  • Éliminer les suspects les plus courants : Le lait de vache et produits laitiers (fromages, laitages, glaces, beurre,...) ; le soja ; les agrumes ; les œufs ; les noix et arachides ; le blé ; le maïs ; les fraises et le chocolat). L'élimination se fait par groupe d'aliment à la fois pendant 2 semaines minimum et jusqu'à 4 semaines. Une amélioration devrait être observée dans les 72 à 96 heures [49]. Attention à bien éliminer tous les aliments contenant ces produits, y compris lorsque l'emballage mentionne « peut contenir des traces de... » [54] et penser à vérifier l'étiquetage des médicaments, compléments et vitamines pris par la mère et l'enfant.
  • Lorsqu'il n'y a pas d'amélioration de la symptomatologie, le groupe d'aliments éliminé est alors réintroduit et le groupe suivant est éliminé à son tour.
  • Après élimination de chaque catégorie alimentaire connue pour provoquer des allergies, si les symptômes ne s'améliorent pas, il est conseillé de réaliser un agenda alimentaire pendant deux semaines afin de tenter d'identifier l'aliment ou groupe d'aliments coupables.
  • Lorsque l'élimination de l'alimentation est efficace, réintroduire l'aliment dans le régime de la mère. Si les symptômes réapparaissent, l'aliment/le groupe d'aliments doit être ré-écarté de l'alimentation de la mère et de l'enfant jusqu'à 9 ou 12 mois, l'exclusion alimentaire devant durer au minimum 6 mois [44, 52, 55].



Masses [56] :

Des masses peuvent se développer à tout moment au cours de l'allaitement. Celles-ci peuvent être directement liées à l'allaitement, comme des adénomes de lactation, mais peuvent aussi être liées à d'autres causes survenant au cours de cette période. Dans tous les cas, la consultation d'un professionnel et des examens adaptés sont nécessaires pour poser un diagnostic. Les méthodes d'imagerie et la compatibilité avec l'allaitement ont été révisées en 2018, permettant aux mères de bénéficier des protocoles nécessaires sans interrompre l'allaitement.


1. Masses spécifiques à la lactation :

  • Tissus mammaire accessoire : Affectant 2 à 6% des femmes, ces masses se présentent généralement dans la zone axillaire, de façon bilatérale dans un tiers des cas. Il s'agit d'un tissu congénital, qui se révèle avec la croissance mammaire survenant au cours de la grossesse et de l'allaitement. L'engorgement de ces tissus peut-être inconfortable et le port de soutien-gorge peut être irritatif. Cet engorgement devrait se réduire naturellement après quelques semaines post-partum. Si ce n'est pas le cas, un examen médical est alors nécessaire.
  • Obstruction de canaux lactifères : Apparaissant dans des zones du sein étant moins bien drainées, l'augmentation de la fréquence des tétées associée à des massages doux permet généralement de résoudre ce souci. L'apparition fréquente ou persistante nécessite alors un examen médical.


2. Masses liées à la lactation nécessitant un examen d'imagerie :

  • Galactocèle : Kystes bénins liés à des canaux obstrués de façon persistante. La résolution peut-être spontanée ou nécessiter le drainage.
  • Phlegmon : Masse apparaissant généralement au cours ou après un épisode de mastite. L'utilisation de glace et la surveillance sont les premières mesures, l'antibiothérapie pouvant également être nécessaire.
  • Abcès : Collection de fluide suite à une mastite non résolue, un galactocèle infecté ou un phlegmon. Nécessite généralement un drainage et une antibiothérapie.
  • Adénomes de lactation : Masses bénignes, mobiles et indolores apparaissant en cours de grossesse ou d'allaitement, probablement à cause de la stimulation hormonale. La résolution est spontanée après le sevrage.
  • Sinus lactifères : Ils peuvent être plus prononcés chez les femmes allaitantes et entrainer une masse sous l'aréole.


Au-delà des masses ressenties dans le sein, d'autres masses plus superficielles, notamment cutanées, peuvent se produire en cours d'allaitement :

  • Glandes de Montgomery : Ces glandes servant à lubrifier le sein et attirer l'enfant par un signal olfactif peuvent s'obstruer et/ou s'infecter. Dans ce cas, un traitement par des compresses chaudes est la première conduite à tenir et des antibiotiques locaux peuvent être nécessaires.
  • Œdème : Assez commun chez les femmes à forte poitrine, ils peuvent devenir plus conséquents au cours de l'allaitement et particulièrement au moment de la montée de lait ou d'engorgements.
  • Ampoule : Lésion inflammatoire de la surface des mamelons, généralement blanche ou jaune, et pouvant provoquer une douleur importante et/ou une obstruction malgré leur petite taille. Celles-ci peuvent se résoudre spontanément mais si ce n'est pas le cas, des compresses chaudes peuvent les soulager.
  • Mastite sous-cutanée : Pouvant causer un érythème, des ampoules, et des croûtes, ainsi qu'une douleur profonde, elle a souvent été appelée « candidose mammaire ». Cependant, les recherches récentes ont montré qu'il s'agissait plutôt d'un déséquilibre bactérien qui serait en cause [57].
  • Maladie de Paget : Provoquant un eczéma suintant et purulent apparaissant sur le sein et progressant vers l'aréole (contrairement à la dermatite) cette maladie est souvent associée à une atteinte maligne du sein.
  • Adénome : Pouvant ressembler à une maladie de Paget, cette atteinte est bénigne mais peut être associée à des lésions invasives [58].


Dans tous les cas présentés, consulter un professionnel de santé formé est indispensable afin de disposer du diagnostic et du traitement adéquat.


Biberons, tétines et contenants à risque de confusion

Comme nous l'avons détaillé tout au long de cet article, la première cause de douleur et de baisse de lactation est un problème de conduite d'allaitement et notamment les problèmes de succion ainsi que le drainage peu efficace et/ou peu fréquent.

Une cause dont on parle souvent mais dont on ne suspecte pas les effets sournois est la confusion sein-tétine. Souvent décrite comme un rejet du sein par l'enfant qui trouve plus « facile » de prendre le biberon, la confusion peut en fait revêtir différentes formes et écourter un allaitement de façon insidieuse. En effet, la confusion sein-tétine apparait suite à l'introduction de tétines ou de contenant autre que le sein et entrainant un type différent de succion (position et action musculaire de la langue et des lèvres), amenant le bébé à ne plus réussir à avoir une succion adéquate au sein [73-77]. Une étude [78] a évalué l'effet de l'utilisation de tétines et/ou biberons sur le développement de difficultés lors de l'allaitement maternel. Il en ressort que l'utilisation de biberons entraine des problèmes de positionnement et de succion au sein. Ces difficultés favorisent le risque d'une extraction irrégulière et insuffisante du lait maternel [79] ainsi que de douleurs et l'apparition de crevasses par exemple, devenant alors un facteur de risque de sevrage précoce [80]. Concernant l'utilisation de sucettes, cela augmente le nombre de comportements indésirables au sein, comme le positionnement, l'affectivité, la réponse du bébé et les comportements de succion [78]. Ces effets négatifs de la tétine sur l'allaitement peuvent s'expliquer par le risque d'une baisse de production étant donné que le bébé va réclamer le sein moins souvent, favoriser l'apparition de crevasses dues à la succion inadéquate, et entrainer un risque de perte ou de stagnation de poids [81], augmentant alors le risque de sevrage précoce également [82].

Tout dépend du projet d'allaitement, des envies et objectifs de chaque famille. Éviter un sevrage brutal (voir article ici) est préférable tant pour la mère que l'enfant et l'accès à toutes les informations pertinentes semble primordiale afin de pouvoir faire ses choix de façon éclairée.



Le manque ou la sensation de manque de lait


Énormément de mères allaitantes entendent cette réflexion au moins une fois : Tu n'as sans doute pas assez de lait ! Les tétées groupées et jours de pointe (voir article ici) peuvent même les convaincre de la véracité de cette croyance populaire. Le manque de lait est extrêmement rare et ne concerne que peu de femmes lorsque l'allaitement est conduit de façon optimale. De nombreuses mamans allaitantes tentent alors de boire beaucoup d'eau, de manger toutes sortes d'aliments réputés pour augmenter la production de lait ou consomment des plantes censées être galactogènes. Souvent onéreuses, ces tisanes et autres cocktails de plantes sont-ils efficaces ?


  • Les galactogènes [59] : Ces substances sont utilisées pour aider à l'initiation, au maintien, voire à l'augmentation de production de lait. Cependant, la lactation est un processus physiologique complexe, impliquant des facteurs physiques, hormonaux mais aussi émotionnels. Lors de l'accouchement, la lactation est mise en place suite à l'expulsion du placenta et la chute des niveaux de progestérone associée à de hautes concentration de prolactine. Les lactocytes se mettent alors au travail afin d'activer la sécrétion de lait. La prolactine est régulée par un système de feedback négatif, la dopamine servant d'inhibiteur : Lorsque les taux de dopamine diminuent, la prolactine augmente [60]. Alors que la prolactine est requise pour la mise en place de la lactation, une fois celle-ci établie, il n'y a pas de lien entre les taux de prolactine et la quantité de lait produite [61, 62]. Par contre, les femmes allaitantes ont des taux de base plus élevés pendant plusieurs mois et montrent des pics de prolactine lorsque le bébé tète, contrairement aux femmes non allaitantes. Une fois la production de lait mise en place, la quantité de lait produite est gérée localement par la glande mammaire via ce qu'on appelle le « contrôle autocrine ». Les seins ne sont jamais totalement vidés et si un drainage régulier et efficace n'est pas effectué la production risque de diminuer. A contrario, un drainage efficace et fréquent entraine une augmentation de production à la fois immédiatement (lors de la tétée) mais aussi pendant plusieurs jours [63, 64].


Physiologiquement, une diminution de la production lactée provient généralement d'un drainage inefficace ou peu fréquent (problèmes de succion, problèmes de gestion de l'allaitement, maladie et/ou hospitalisation, séparations récurrentes pour le travail ou l'école, tire-allaitement). Les galactogènes sont alors consommés lors d'une baisse ou d'une sensation de baisse de lactation. Ils peuvent également être consommés lors de procédures de lactation induite [65]. Parmi les galactogènes, les plus fréquemment consommés sont des compléments alimentaires, tisanes, aliments ou herbes, mais il existe également des médicaments qui ne seront consommés qu'après évaluation par un professionnel qualifié. Concernant les galactogènes non médicamenteux, l'orge contenue dans la bière est populaire pour son action sur la sécrétion de prolactine [66]. Néanmoins, l'alcool aurait tendance à réduire la production de lait [67], il est alors préférable de privilégier la bière sans alcool. Concernant les plantes, elles sont utilisées dans de nombreuses cultures : fenugrec, lait de chardon (Silybum marianum), avoine, pissenlit, millet, algues, anis, basilic, chardon béni, graines de fenouil, guimauve, feuille de moringa, shatavari et torbangun [68, 69]. Certaines études s'y sont intéressées, mais peu de données sont disponibles sur leur efficacité et leur sécurité [70]. Même si leur utilisation de longue date n'a pas permis de mettre en évidence d'effets délétères, les mécanismes d'action de la plupart de ces herbes ne sont pas connus. D'une part, les études réalisées présentent des faiblesses méthodologiques et les effets positifs observés pourraient être attribués à un effet placebo. Dans tous les cas, il est important d'utiliser ces herbes avec précaution étant donné le manque de dosage standardisé, les contaminants, les allergies ou interactions potentielles.


Par ailleurs, des effets négatifs ont été rapportés [70], dont des augmentations de facteurs anticoagulants, une modification de la résistance à l'insuline et du taux de sucre ou encore des réactions allergiques sévères au fenugrec [71].


Que faire alors en cas de (sensation) de baisse de lactation ?

  • Évaluer la cause potentielle de baisse de production : Maternage, traitement médicamenteux, chirurgie mammaire, syndrome des ovaires polykystiques, hypothyroïdie, rétention placentaire, ingestion de capsules de placenta, hémorragie post-partum ayant entrainé une baisse de production de prolactine, consommation importante d'alcool ou de tabac. Lorsqu'une de ces conditions est rencontrée, la résolution de celle-ci doit prévaloir sur l'utilisation de galactogènes si le traitement est possible [72].
  • Évaluer et améliorer la fréquence et l'efficacité du drainage du sein. L'utilisation de galactogènes ne sera de toute façon d'aucun effet si les seins ne sont pas drainés fréquemment et correctement.
  • L'Academy of Breastfeeding Medicine ne préconise la prise d'aucun galactogène. Néanmoins, si la prise présente plus de bénéfices potentiels que de risques, il est conseillé d'informer sur les données disponibles à propos de l'efficacité, de la durée du traitement et de l'utilisation ainsi que des effets potentiellement négatifs.
  • La consultation d'un professionnel formé en allaitement est essentielle avant la prise de galactogènes afin d'évaluer la situation et de corriger de potentielles conduites d'allaitement non-optimales.


Parallèlement aux recommandations de l'Academy of Breastfeeding Medicine, la base de données des drogues et de la lactation (LactMed) offre des informations détaillées sur différents galactogènes. L'évaluation par un professionnel spécialisé reste la première conduite à tenir en cas de diminution (effective ou ressentie) de lactation. Les galactogènes les plus populaires sont repris ci-dessous.


Quelle que soit la situation, l'accompagnement, les diagnostics médicaux et les traitements doivent être assurés par des professionnels formés et qualifiés. L'auto-diagnostic et l'automédication sont vivement déconseillés !


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