Il est beau ton dessin !

17/04/2024

Voix d'experts – Le compliment en éducation : « Qu'il est beau ton dessin ! »

M. Manard

On entend parfois qu'il faut éviter le compliment « subjectif » ou les félicitations, pour favoriser une description plus objective des choses, qu'en est-il au niveau de la littérature scientifique ? Est-ce que dire à son enfant que son dessin est « beau » va nuire à sa motivation intrinsèque ? On décrypte tout ça !

Avant toutes choses, le compliment, qu'on le veuille ou non, va pouvoir influencer le comportement, que celui-ci soit descriptif ou non, il va donc pouvoir avoir un impact chez la personne qui le reçoit.

La littérature scientifique sur le sujet va distinguer différentes sortes de compliments et surtout la cible de ces compliments. Le comportement ou la personne, l'effort ou le résultat. Par exemple, il est commun de penser que les compliments sur les compétences sont un moyen d'augmenter la motivation. Néanmoins, certaines études montrent que complimenter sur l'intelligence va plutôt favoriser une motivation axée sur le résultat alors que les enfants complimentés sur leurs efforts vont plutôt développer de la motivation pour l'apprentissage en tant que tel. Par ailleurs, les enfants complimentés sur leur intelligence auraient tendance à concevoir celle-ci comme un trait fixe et immuable alors que les enfants complimentés pour leur travail, leurs efforts, verraient l'intelligence comme quelque chose qui peut s'améliorer, se travailler [1]. Nous allons détailler tout cela en profondeur…

Comment encourager un enfant qui échoue ? Justement pour l'aider à explorer de nouvelles solutions, garder confiance en ses capacités ?

Lors d'une étude sur l'exploration d'enfants entre 8 et 12 ans, en situation d'échec sur une tâche motrice, des compliments modérés (« tu l'as bien fait ») avaient tendance à diminuer l'exploration chez les enfants avec une haute estime d'eux-mêmes. Par contre, ces compliments modérés avaient tendance à augmenter la recherche de solution et l'exploration si l'estime de soi des enfants était faible, contrairement à des compliments exagérés (« tu l'as fait incroyablement bien ») [2] . Par ailleurs, chez les enfants avec une faible estime de soi, le compliment donné sur leur personne (« tu es intelligent ») aura tendance à provoquer des sentiments de honte en cas d'échec ultérieur, l'enfant attribuant alors cet échec à sa personne. Ainsi, en essayant d'augmenter l'estime de soi en complimentant l'enfant sur des qualités personnelles, il peut en fait y avoir un risque d'effet contraire [3] . Notons que le compliment simple ne semble pas avoir d'influence significative sur l'estime de soi et la tendance au « narcissisme » chez les enfants entre 7 et 11 ans. Par contre, les compliments « exagérés » semblent avoir un impact négatif sur l'estime de soi des enfants et augmenter la tendance au « narcissisme » chez les enfants avec une haute estime d'eux-mêmes [4].

Au niveau scolaire ou académique, le feedback positif via les affirmations par les parents semblent avoir des effets positifs sur les résultats en mathématiques des enfants de 4 à 5 ans. Par contre, le feedback correctif est plutôt associé à une diminution des performances dans cette matière. Les compliments par les parents auraient également une influence sur les compétences langagières (vocabulaire). Ainsi, le type de feedback donné à l'enfant, semble avoir un impact différent selon les matières évaluées [5].

La motivation va alors jouer un rôle important pour encourager l'enfant à persévérer. Comment les compliments peuvent augmenter ou altérer cette motivation ?


Le quotidien

La motivation est au cœur de nos comportements, des plus simples et basiques aux plus complexes. Le comportement des enfants est variable de jour en jour, y compris pour des tâches constantes à travers les jours. De façon intéressante, pour le brossage de dents par exemple, les enfants entre trois et quatre ans, se brossaient les dents plus longuement les jours où les parents avaient fourni plus de compliments et moins de consignes / instructions [6].

Le partage est une autre dimension parfois complexe du quotidien avec les enfants en bas âge. Le comportement prosocial peut effectivement être influencé par l'attitude des adultes. Par exemple, chez des enfants de trois ans, la propension à partager était négativement influencée en cas de récompense matérielle par rapport à ceux recevant un compliment verbal ou une réponse neutre. En d'autres termes, plus les enfants recevaient des récompenses matérielles, moins ils avaient tendance à partager, leur motivation intrinsèque semblant alors particulièrement impactée [7].


Éloges et motivation

Les compliments semblent donc pouvoir exercer un impact sur la motivation de l'enfant. Les éloges seraient bénéfiques pour la motivation à condition que celles-ci soient perçues comme sincères. L'impact est d'autant plus bénéfique si ces compliments encouragent l'attribution des performances à des causes contrôlables, favorisant l'autonomie ; amènent des objectifs réalisables, sans trop encourager la comparaison sociale. L'impact des éloges va aussi être influencé par les caractéristiques de la personne qui les reçoit, comme son âge, son sexe ou la culture par exemple [8].

Deux visions à propos du compliment s'opposent. La première suggère que le compliment va augmenter la motivation intrinsèque, ce qui est observé dans de nombreuses études en termes de comportement et de réalisation scolaire par exemple (voir [8] pour revue). Les mécanismes sous-tendant potentiellement cette augmentation de motivation seraient :

  • L'augmentation d'auto-efficacité ou les croyances personnelles sur les capacités, ces variables étant associées aux capacités d'ajustement, d'effort et de réussite [9]. Bien que le sentiment d'efficacité personnelle est particulièrement stimulé lorsque la personne réussi une action par elle-même, la persuasion verbale peut également augmenter ce sentiment [9] .
  • L'augmentation du sentiment de compétence et d'autonomie, considérés comme des besoins psychologiques de base, et qui vont permettre à l'individu de comprendre qu'il est responsable de ses propres comportements et performances [10].
  • L'augmentation de l'humeur dans une forme positive, permettant un sentiment de bien-être à propos de soi-même [11].
  • Le bénéfice des encouragements pour s'engager ou réguler son engagement dans des tâches [12], [13].
  • La favorisation d'un effort adaptatif [8] .

Notons que dans le cas d'une motivation extrinsèque, par exemple pour maintenir l'attention ou l'approbation de l'évaluateur, le comportement ayant fait l'objet des compliments aura tendance à être transitoire et à s'éteindre lorsque l'évaluateur ne sera pas présent.

La seconde vision des effets des compliments sur la motivation est que ceux-ci pourraient être inutiles voire pourraient altérer la motivation intrinsèque des enfants, ce qui est également observé dans la littérature scientifique (voir [8] pour revue). Les mécanismes sous-tendant les effets délétères des compliments sur la motivation interne seraient :

  • Pourraient amener un sentiment d'incompétence lorsque le compliment est fourni pour des tâches simples [14].
  • Pourraient justifier la performance [15].
  • En cas de récompense matérielle, la motivation de l'enfant à réaliser la tâche demandée pourrait reposer uniquement sur l'obtention de la récompense plutôt que pour le plaisir de la réaliser [16].
  • La perception d'une augmentation du contrôle de l'adulte sur le comportement, avec un aspect évaluant la performance.
  • Encouragerait la comparaison sociale [17].

Notons que de nombreuses études sur lesquelles s'appuient ces hypothèses reposent sur des contextes scolaires et/ou sont discutables au niveau méthodologique. D'autres études, plus récentes et rigoureuses au niveau méthodologique et statistique seront à réaliser. Tout en tenant compte de la complexité du domaine, il y a une grande quantité de variables complexes à contrôler dans ce contexte : style d'éducation, scolarité, environnement, culture, le type de compliment, l'utilisation de récompenses/punitions, le climat familial, le tempérament de l'enfant, son âge, son genre, son niveau développemental, etc….


Néanmoins, parmi les conditions pour que le compliment ait des effets positifs, plusieurs facteurs ont été identifiés :

La sincérité

Il semble que l'une des premières variables pouvant moduler l'effet des compliments sur l'enfant et son comportement ou sa motivation est la sincérité perçue du compliment [8]. Pourtant, cette variable est peu analysée dans les études évaluant l'impact des éloges sur l'enfant. Notons toutefois que les compliments très généraux ont plus de risques de se confronter à des inconsistances dans le comportement de l'enfant, l'amenant à le percevoir comme faux, pouvant même amener selon certains auteurs à une tendance pour l'auto-critique voire l'auto-sabotage afin de confronter ses croyances à propos de soi et les éloges faites [18]. Par exemple, lorsqu'on dit à l'enfant « tu es vraiment un ange ! », celui-ci va pouvoir évaluer ce compliment par rapport à ses autres comportements et confronter ce compliment à ce qu'il perçoit de lui-même ou les « reproches » éventuels formulés plus tôt si il a eu un comportement inadéquat par exemple.

L'interaction entre le contenu du compliment et le niveau de développement de l'enfant est également un facteur qui peut avoir son importance [8]. L'évolution du compliment avec les progrès de l'enfant pour l'activité sera mieux perçue qu'un compliment exagéré pour une compétence que l'enfant perçoit comme simple par exemple. De plus, le compliment doit correspondre au comportement non-verbal de la personne qui le fournit [19] afin d'être perçu comme étant honnête et sincère.

Enfin, chez des enfants d'environ 6 ans, le compliment non sincère suite à un échec entrainait des émotions plus positives, une auto-évaluation plus élevée de la performance mais une moindre persévérance que les enfants n'ayant pas reçu de feedback. De plus, plus en fonction du degré de développement de la théorie de l'esprit des enfants, les effets négatifs du compliment non sincère variaient, le enfants chez qui cette théorie est plus développée, accueillant plus négativement ce type de compliment [20]. Cela suggère donc que selon les enfants et leur niveau de développement, la sincérité du compliment va avoir des effets variables.

En résumé, les compliments qui ne sont pas fournis spontanément, mais dans une optique de renforcement du comportement ou de manipulation vont être perçus comme peu sincères et seront alors peu efficaces voire délétères. Notons que les jeunes enfants n'ayant que peu de capacités à percevoir les intentions manipulatoires d'un comportement, il est possible que ceux-ci perçoivent moins facilement la non-sincérité du compliment que des enfants de 8-9 ans, en capacité de percevoir l'ironie par exemple. Là aussi, cette capacité reste débattue chez l'enfant [8]. De plus, la sincérité perçue du compliment semble aussi pouvoir dépendre de la qualité de la relation entre l'enfant et la personne qui le complimente [8]. Un même compliment fourni dans un climat chaleureux pourra être utile et boostant, alors que si il est fourni dans un contexte moins favorable ou plus conflictuel, il pourra être perçu comme manipulatoire ou contrôlant [8].


L'attribution de la performance

Dans l'évaluation des processus motivationnels, l'attribution causale de la performance est essentielle. En effet, la croyance sur les causes de succès ou d'échec, sur le fait que les facteurs modulant la performance sont stables ou non, contrôlables ou non, vont pouvoir influencer la motivation dans l'implication pour une activité [8] . Par exemple, suite à un échec, la performance aura tendance à augmenter si celui-ci est attribué à un manque d'effort mais risque de s'accentuer si cet échec est associé à un manque de compétence. Le côté temporaire et le pouvoir de le modifier, vont permettre au manque d'effort d'améliorer la performance, alors que cette justification amène régulièrement à l'emploi de sanctions ou punitions alors que ce n'est pas le cas lorsque l'échec est attribué à un manque de compétence…

Dans ce contexte, le compliment à propos des efforts pourrait avoir des effets différents des compliments sur les capacités. Chez le jeune enfant, la distinction entre effort et capacité se développe entre 5 et 8/9 ans [8] , donc les études se sont régulièrement intéressées à cet effet chez des adolescents ou jeunes adultes. De façon intéressante, certaines recherches ont observé que les compliments sur les compétences amenaient les volontaires à passer plus de temps sur l'activité, à choisir des niveaux de difficulté plus élevés et à obtenir de meilleures performances que les compliments sur l'effort [21]. Néanmoins, ces bénéfices pourraient être uniquement immédiats mais entrainer plus de vulnérabilité lorsque l'individu est confronté à des difficultés [8], notamment à cause d'attentes élevées pour les accomplissements ultérieurs [22]. En effet, dans une autre étude, chez des enfants plus jeunes (8-9 ans), les compliments sur les capacités permettaient aux enfants une meilleure acquisition de compétence et d'auto-efficacité lors de l'apprentissage d'une nouvelle tâche. Par contre, à terme la persistance diminue. Toutefois il est difficile de dire si cela est dû à la manière de complimenter ou si il s'agit d'une lassitude face à l'expertise pour la tâche maintenant acquise par exemple.

D'autres chercheurs suggèrent que les compliments sur les compétences vont encourager un objectif de performance et son attribution aux habiletés alors que les compliments sur l'effort vont encourager un objectif de développement de compétences et son attribution à l'effort fourni. Ainsi, la persévérance pourrait être favorisée par les compliments liés à l'effort, notamment quand les enfants font face à une tâche plus difficile par exemple [1]. Néanmoins, le compliment sur l'effort peut aussi avoir des effets néfastes, les enfants plus grand considérant généralement les efforts et les capacités comme inversement proportionnels. Ainsi, des compliments excessivement basés sur l'effort vont pouvoir envoyer un message d'inaptitude [8].


Standards et attentes

Les attentes et les objectifs de performance peuvent être transmis à travers le compliment. Selon le type de compliment et le contexte dans lequel il est fourni, ces informations sur les attentes et les objectifs peuvent avoir des effets positifs et négatifs. Il semble raisonnable de penser qu'un compliment qui transmet des attentes réalistes de réussite va pouvoir améliorer la motivation intrinsèque. Par contre, si les compliments impliquent des attentes trop élevées ou trop faibles, ils vont pouvoir entrainer un sentiment de pression ou d'inaptitude, affectant alors la motivation interne.

Afin d'améliorer la motivation, des standards et attentes fournissant des informations utiles pour gérer l'implication dans une tâche semblent particulièrement efficaces [23]. En effet, apprendre les efforts à fournir pour atteindre l'objectif, les types de stratégies de résolution de problème à développer, etc… peut aider l'enfant à déterminer comment déployer son énergie et donc le motiver.

La spécificité du compliment est l'une des caractéristiques qui va pouvoir renseigner l'enfant sur les attentes et les exigences (standards). Cette spécificité devrait renseigner sur différentes dimensions :

  • la nature de l'évaluation (à partir de quelle performance la tâche / l'apprentissage / l'activité est considérée comme « acquise »)
  • le comportement à mettre en place pour atteindre les standards (la manière de répondre, etc…)
  • les attentes particulières de l'évaluateur dans ce contexte précis

En effet, lorsque les compliments généraux (« Bien ! ») sont comparés à des compliments spécifiques (« Bien ! J'aime la manière dont tu as réalisé la tâche ! ») ou à l'absence de compliment, la performance des enfants était augmentée uniquement pour les compliments spécifiques [24]. Par contre, ce type de compliment pourrait avoir un effet délétère sur la motivation interne. En effet, les compliments envoyant le message d'un niveau d'exigence faible peuvent altérer la motivation [14]. A l'inverse, un compliment avec des attentes trop élevées peut amener à une pression de performance future et également avoir un effet délétère sur la motivation [15]. Il est donc important de trouver un juste milieu, une contingence entre le compliment axé sur les standards et les compétences pour ne pas créer un stress inutile pour la performance.

Enfin, un effet de genre peut être observé au niveau des compliments et sur leur impact au niveau de la motivation interne. De façon peu surprenante, les compliments et feedbacks sont régulièrement « genrés ». Par exemple, lorsqu'un feedback positif est fourni à l'enfant, les garçons sont généralement complimentés sur leurs qualités intellectuelles pures, alors que chez les filles, les compliments sur leur intelligence sont souvent accompagnés de qualités comportementales (respect des consignes par exemple). Inversement, lorsque le feedback est négatif, les filles sont généralement critiquées sur la qualité intellectuelle de leur réalisation, alors que les garçons reçoivent en plus un retour sur leur comportement (manque de soin par exemple).

En résumé, le compliment va pouvoir augmenter la motivation interne lorsqu'il fournit des informations utiles à la réalisation de l'activité en termes d'attentes pour la réussite ou que ces informations véhiculent une attente raisonnable en regard des compétences de l'enfant.


L'autonomie perçue : Pourquoi est-ce que je fais cette action ?

La cause initiale de production d'un comportement ou de la réalisation d'une tâche va avoir un impact essentiel dans la motivation interne. Les compliments pouvant diminuer ce sentiment d'autonomie dans l'engagement pour un comportement ou une activité, ils vont pouvoir générer une sorte de dépendance aux compliments, leur absence s'associant alors à un sentiment d'échec [25], le compliment devenant alors un renforcement externe au comportement. Cependant, il reste possible de distinguer un comportement exclusivement motivé par des forces externes et un comportement qui perdure lorsque les récompenses ou éloges ne sont plus fournis, suggérant que celui-ci est alors motivé de façon interne [26]. En résumé, les compliments vont pouvoir altérer la motivation intrinsèque lorsqu'ils sont un moyen de récompense contrôlant, alors qu'ils peuvent augmenter la motivation interne si ils sont plutôt ciblés sur la tâche et informatifs [8] .


Compétence et auto-efficacité : Suis-je capable de réaliser cette action ?

Alors que l'autonomie perçue va pouvoir influencer les raisons de s'impliquer dans une action, la dimension de sentiment de compétence va être reliée aux croyances à propos du succès potentiel de cette action.

Les compliments impliquant un feedback informatif sur la compétence sont observés pour avoir des effets bénéfiques, notamment sur la motivation interne (voir [8] pour revue). Chez les enfants par exemple, un compliment comme « tu es vraiment bon à cet exercice, tu as fait du bon travail,… » va entrainer une augmentation d'engagement sur la tâche lorsqu'on les compare à des enfants qui n'ont pas reçu de compliments ou ceux ayant reçu une récompense [8].

De plus, le feedback informatif sur les compétences aurait tendance à anéantir les effets délétères des incitations physiques sur la motivation interne, lorsque ces récompenses sont à la fois cohérentes avec l'action et associées au feedback de compétence (voir [8] pour discussion).

Un aspect à prendre en compte est le type de compliment informatif. En effet, ce genre de compliment a permis d'observer un taux d'engagement et de plaisir plus élevé. Cependant, de nombreuses études sur le sujet utilisent un feedback informatif comparant les performances de l'individu à celle des autres (ex : « tu as eu la meilleure stratégie de tout le groupe »). Dès lors, si les enfants apprennent à évaluer leurs réussites par rapport aux réalisations des autres, au lieu de se concentrer sur leurs compétences et améliorations personnelles, ils encourent le risque d'être démunis lorsque les autres auront de meilleures compétences qu'eux [8]. Ainsi, les compliments de type feedback informatif devraient plutôt être centrés sur la maitrise de l'enfant sans encourager en parallèle la comparaison sociale [15].

En effet, lorsque les buts centrés sur la maitrise individuelle sont comparés à des buts centrés sur la comparaison sociale, il est observé que les comparaisons normatives ou sociales amènent les enfants à attribuer des résultats négatifs à un manque de capacité, à ne ressentir de la satisfaction que si la tâche permet de mettre en œuvre leur degré d'habileté, à éviter les challenges, à développer un sentiment d'impuissance, des sentiments désagréables ou encore des stratégies d'apprentissage moins efficaces [8].

En résumé, le compliment est un levier en faveur de la motivation lorsque celui ou celle qui le reçoit se sent compétent ou efficace. Par contre, le compliment qui améliore la compétence en invitant à la comparaison sociale peut amener à une dépendance à la comparaison normative, entrainant moins de persévérance lorsqu'ils font face à une difficulté [8].


Et si le compliment favorisait la comparaison ?

En parlant de comparaison, il n'existe pas que les comparaisons sociales, mais aussi les comparaisons dimensionnelles et temporelles. Ont-elles un impact sur la motivation ? Avant toute chose, certains chercheurs se sont rendus compte que les compliments et les critiques pouvaient provoquer des effets paradoxaux, c'est-à-dire qu'ils vont engendrer des effets contraires à ce qui pourrait être attendu. Par exemple, le compliment pourrait amener le sentiment que la personne qui reçoit l'éloge avait de faibles capacités alors que la critique pourrait être perçue par le destinataire comme le fait que ses capacités étaient estimées élevées. Ces effets paradoxaux vont donc pouvoir influencer la perception de la personne sur ses propres compétences [14]. Néanmoins, cela semble dépendre du niveau de développement cognitif. Chez de jeunes enfants, aucun effet paradoxal n'a pu être observé, alors que chez les adolescents et les jeunes adultes ces effets apparaissent pour les comparaisons sociales (performance comparée à une autre personne) et dimensionnelles (performance d'une personne sur deux sujets en simultané) mais pas temporelles (performance d'une personne pour deux tests réalisés de façon subséquente) [27].


Mais alors quid du feedback descriptif ?

Dans le cadre d'évaluation d'une réalisation, ce type de feedback semble associé à une amélioration de la performance. En effet, un feedback détaillé et descriptif permet aux étudiants de s'améliorer lorsqu'il n'est pas accompagné d'une note, d'un grade ni même de compliment. Par contre le compliment semble pouvoir limiter l'impact négatif apporté par le grade si la performance est notée. Le feedback descriptif est donc une information détaillée sur la manière dont la tâche a été réalisée et sur la manière de corriger/améliorer les parties posant des difficultés [28]. Notons qu'ici on ne parle pas de réalisations spontanées d'enfant, comme un dessin ou autre, mais bien d'apprentissages et d'évaluation de capacités soumises à un jugement et souhaitées à « améliorer ».

Les effets du compliment descriptif, bien que largement conseillé restent non consensuels dans la littérature. Par exemple, les légers effets positifs observés par rapport à un compliment général dans l'apprentissage de compétences langagières chez des enfants porteurs de troubles du spectre autistique n'étaient pas stables dans le temps [29] .

Par contre, lorsque les compliments orientés sur la personne ou les compétences sont comparés aux compliments orientés sur le processus ou l'effort et à un feedback descriptif neutre, la motivation intrinsèque à long terme et suite à un échec était plus importante lorsque les enfants recevaient initialement un compliment lié au processus plutôt que lié à leur personne, mais ces deux types de compliments créaient des bénéfices motivationnels comparé aux feedbacks descriptifs neutres [30].


Que se passe-t-il au cours du développement de l'enfant ?

Chez les enfants entre 1 et 3 ans, il est possible d'observer un intérêt pour le regard de l'autre sur ses réalisations à partir de 21 mois en moyenne. C'est à partir de cet âge qu'iels commencent à regarder les adultes de référence après avoir réalisé une activité ou à attirer l'attention de leur maman lorsqu'iels réussissent une action en cours de jeu libre. Entre 2 et 5 ans, lorsque les enfants réussissent une activité, ils montrent une réaction émotionnellement positive (sourire) alors qu'en cas d'échec, ils présentent plutôt une réaction d'évitement (recherche visuelle de l'adulte). Le compliment va légèrement augmenter la réaction de plaisir en cas de réussite. Enfin, avant l'âge de 33 mois le fait de gagner ou de perdre à un exercice compétitif ne serait tout simplement pas compris et n'aurait pas d'impact sur leur réaction émotionnelle envers la tâche. Les enfants plus grands ressentiraient par contre plus de plaisir à compléter la tâche lorsqu'ils la gagnent [31].

Trois grandes étapes sont donc proposées dans le développement de l'autoévaluation. D'abord l'enfant comprend la causalité mais ne dispose pas des capacités représentatives pour l'auto-évaluation ni l'impact des autres sur leur performance. Ensuite, avant l'âge de deux ans, l'enfant commence à anticiper les réactions de l'adulte, cherchant les réactions positives ou négatives. Enfin, l'enfant va progressivement intégrer les réactions externes et commencer à évaluer sa propre performance et à réagir émotionnellement indépendamment de la réaction des adultes [31].


Et chez les enfants ayant des difficultés comportementales ou des particularités développementales ?

Les données sont inconsistantes sur le sujet. Certaines études proposent un effet positif des compliments pour favoriser les comportements « souhaités » alors que d'autres suggèrent que les compliments peuvent être vécus par l'enfant comme un moyen de contrôle. Une étude [32] évalua des enfants avec des difficultés comportementales entre 4 et 8 ans et l'influence d'un programme de parentalité visant à augmenter les compliments adressés à l'enfant. De façon indirecte, le programme a permis la diminution des difficultés comportementales, uniquement via des compliments dits « labelisés », qui sont spécifiques au comportement apprécié. De plus, le programme a également permis de diminuer le sentiment subjectif des parents concernant le comportement de l'enfant.

Chez quelques enfants présentant des troubles du spectre autistique, les compliments descriptifs montrent une légère supériorité pour favoriser le développement de compétences intraverbales*. Toutefois, ce léger avantage ne montrait pas un effet durable dans le temps [29].

* capacités à verbaliser une action en son absence, comme par exemple compléter la phrase : on se coiffe avec … « un peigne ».


Et les différences inter-individuelles ?

L'impact des compliments va également pouvoir dépendre de la situation, de la personne qui les reçoit, comme son âge ou son genre par exemple, mais également de la culture. En effet, il semble envisageable que les effets délétères des compliments ne le soient pas dans les cultures plus collectivistes que les nôtres, où les compétences ne sont pas vues comme synonymes de capacités, mais où l'effort est au centre de la considération des résultats [33]. En effet dans ces cultures de l'effort, les compétences ne sont pas au cœur de la réussite, mais plutôt l'engagement et le travail sur une tâche plus que les capacités de l'individu. Ainsi, étant donné que les potentiels effets délétères des compliments pourraient venir du fait de considérer les capacités et les efforts comme deux concepts opposés, un compliment donné pour une tâche simple dans des cultures ne faisant pas cette confusion pourrait tout à fait ne pas impacter négativement la motivation. Ce serait même le contraire, considérant que les personnes fournissant des efforts ont de hautes capacités et que ceux ayant de bons résultats ont dû fournir un effort important. Cependant, ces cultures dites collectivistes utilisent moins fréquemment de récompenses ou de moyens de contrôle externes du comportement, le compliment étant fait parcimonieusement. De plus, la motivation chez les élèves de cultures collectivistes semble liée au souhait d'amélioration personnelle (augmentation de l'engagement et de la persévérance suite à un feedback d'échec) alors que les étudiants de cultures plus individualistes auraient tendance à montrer un plus grand engagement suite à un feedback de réussite [30].


Et les compétences scolaires ?

Spécifiquement, les performances académiques peuvent être influencées par les compliments [34]. Chez des enfants de 1 à 3 ans, les feedbacks positifs de parents ont pu être associés à de meilleures capacités de mathématiques et de langage sept ans plus tard par l'augmentation de la motivation. L'analyse du processus motivationnel permet par ailleurs de suggérer que les compliments sur le processus ou l'effort permettent d'influencer la perception et les croyances de l'enfant, notamment en considérant l'intelligence comme quelque chose de malléable, plutôt qu'en influençant leurs objectifs d'apprentissage via des tâches simples ou plus complexes [35].

De façon intéressante, il est observé une tendance chez les enseignants à faire des compliments plus importants aux enfants issus de niveaux socioéconomiques plus faibles. Attribuant plus d'efforts à ces enfants pour réussir, ils auraient tendance à faire des compliments plus prononcés qu'aux autres enfants pour le même résultat, pouvant amener à une augmentation de stéréotypes sur cette catégorie d'enfants par les autres. Les percevant comme moins « bons » mais « plus travailleurs » [36]. Néanmoins, alors que les performances académiques sont notamment influencées par la génétique, les interactions avec l'environnement ne doivent pas être négligées. A ce propos, l'utilisation fréquente de compliments par les professeurs, associée à l'utilisation peu fréquente de discipline punitive permettrait de développer le plein potentiel des enfants [37].

Après avoir observé une augmentation de motivation chez les enfants de 1 à 3 ans recevant des compliments sur leurs efforts et stratégies, avec l'idée que l'intelligence peut être développée et non un facteur fixe, ces compliments semblent permettre de prédire les réalisations académiques de ces enfants en mathématiques et compréhension à la lecture [34]. Ainsi, l'impact motivationnel du compliment serait lié à l'idée que l'habileté n'est pas une composante fixe, que le succès doit être attribué au travail et à l'effort, au plaisir du challenge, et à la création de stratégies d'amélioration. Cette observation est transposable aux compliments spontanés des parents sur l'effort des enfants entre 14 et 38 mois et leur motivation cinq ans plus tard [35].

Enfin, les enfants d'environ 11 ans, recevant des compliments sur leurs habiletés (par rapport aux enfants recevant des compliments sur leurs efforts et ceux ne recevant aucun compliment) auraient tendance à attribuer leur échecs potentiels à un manque de compétence. De plus, ces enfants auraient tendance à mettre en place des comportements auto-handicapants, entravant leur progression. Comportement également retrouvé chez les enfants recevant des compliments sur leurs efforts, mettant en place plus de stratégies défensives que les enfants n'ayant reçu aucun compliment [38].


Le compliment descriptif

Il est souvent conseillé de favoriser le compliment descriptif ou neutre… Nous l'avons vu, cela ne semble pas si systématique dans la littérature, les résultats de certaines études proposant même un effet potentiellement délétère sur la performance de ce genre de retour (ex : [39] ou voir la partie sur le feedback). Par contre, la distinction qui semble particulièrement importante en termes de compliment est la distinction « générique » vs « non générique », c'est-à-dire la différence entre un « tu es doué.e » renvoyant à une performance dépendante d'une capacité personnelle fixe et un « tu as travaillé dur », renvoyant à l'idée que la performance est liée à l'effort, caractéristique non fixe, sur laquelle l'individu a un pouvoir d'action. Parmi les effets délétères du compliment générique, les enfants entre 4 et 7 ans recevant ce type de compliment montraient une fixation sur les erreurs (des autres et les siennes) plus importante. Cette fixation plus importante sur les erreurs a été associée à une moindre persévérance et des auto-évaluations plus faibles [40].

Dans la pratique, il arrive à tous les parents et/ou éducateurs de mixer les deux types de compliments (génériques et non génériques). Chez les enfants de 5 – 6 ans, plus ils recevaient des compliments non-génériques, plus la motivation augmentait. Parallèlement, l'apport de compliments mixtes affecterait différemment les deux composantes essentielles de la motivation : la persistance et l'auto-évaluation. Plus précisément, les compliments génériques amèneraient une diminution de persistance alors que les compliments non-génériques augmenteraient l'auto-évaluation [41].


Et le cerveau dans tout ça ?

Chez des enfants d'une dizaine d'années, l'utilisation de compliments par les parents était associée à un volume plus élevé de matière grise dans le cortex insulaire postérieur droit des enfants ainsi qu'à des traits de personnalité de consciencieusité et d'ouverture à l'exploration. De façon intéressante, le cortex insulaire postérieur est connu pour son implication dans les mécanismes d'empathie, de fonction auditive (probablement impliquée dans le traitement des compliments). De plus, la connectivité fonctionnelle entre l'insula postérieure et l'amygdale serait associée à la régulation émotionnelle [42].


Conclusion

Le compliment ne semble pas si délétère que ce qu'on pourrait croire. En effet, les compliments peuvent tout à fait augmenter la motivation interne et la persévérance si ces compliments sont perçus comme :

  • sincères
  • encourageant l'adaptabilité de la performance
  • favorisant la perception de l'autonomie
  • permettant d'obtenir des informations sur ses propres compétences sans reposer si possible sur la comparaison sociale
  • offrant une vision sur les attentes et les standards qui doivent être accessibles et réalistes.

Par ailleurs, le moment auquel survient le compliment pourrait influencer ses conséquences sur la persévérance des enfants en bas âge. En effet, chez des enfants de 17-18 mois et de 17 à 31 mois, des compliments (sur la compétence ou l'effort) formulés à la fois pendant les essais et la réussite seraient associés à une plus grande persévérance que si les compliments sont formulés pendant les tentatives ou les réussites séparément. Notons toutefois que les compliments sur l'effort avaient des effets positifs plus robustes et les compliments peu spécifiques étaient par contre liés à une faible persévérance [43].

Comme nous l'avons vu, les compliments sur les habiletés sont plutôt délétères car ils renvoient à l'idée que l'enfant n'a pas de contrôle sur cet aspect, par contre, il serait donc envisageable de revoir cette position selon la sémantique derrière les habiletés en question. Par exemple, les personnes considérant que l'intelligence est une compétence pouvant être améliorée avec des efforts et qui affrontent les challenges dans un objectif d'apprentissage montrent de meilleurs résultats académiques. De façon intéressante, les enfants plus grands vont avoir une vision de l'intelligence comme quelque chose de plus malléable mais les objectifs d'apprentissage auraient tendance à diminuer. Par ailleurs, les compliments des parents auraient un impact positif sur les objectifs d'apprentissage mais les critiques émises par les parents auraient un impact délétère sur la vision de l'intelligence comme quelque chose de malléable [34].

Enfin, le message à retenir de tout cela, est qu'à côté de la sémantique derrière les concepts qui nous entourent et parfois semblent nous définir, la sincérité semble être au cœur des compliments et de leurs effets.

Alors ne réfléchissez pas trop, gardez votre enthousiasme et votre spontanéité. Quel que soit le style de compliment que vous adressez à vos enfants, restez juste authentique et sincère.

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Références

1. Mueller, C. M. & Dweck, C. S. Praise for intelligence can undermine children's motivation and performance. J. Pers. Soc. Psychol. 75, 33–52 (1998).

2. Brummelman, E., Grapsas, S. & van der Kooij, K. Parental praise and children's exploration: a virtual reality experiment. Sci. Rep. 12, 4967 (2022).

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